Essai où Léon de Poncins conteste le rapprochement Église–judaïsme lors de Vatican II. S’appuyant sur l’œuvre de Jules Isaac et une relecture des sources, il soutient qu’une influence extérieure aurait pesé sur la rédaction de Nostra Ætate et marque une rupture avec l’enseignement antérieur.
Dans Le Judaïsme et le Vatican, Léon de Poncins entreprend de mesurer l’écart qu’il perçoit entre l’enseignement traditionnel de l’Église au sujet du judaïsme et les orientations affirmées lors de Vatican II. Il expose d’abord la doctrine antérieure telle qu’il la comprend, puis confronte cette trame à l’influence intellectuelle de Jules Isaac, dont il examine les thèses et la réception parmi des théologiens et acteurs du concile.
L’auteur rassemble éléments historiques et références religieuses pour argumenter qu’un basculement doctrinal s’est produit, en particulier dans la déclaration Nostra Ætate. Il avance que des groupes et relais extérieurs à l’Église auraient participé de manière décisive à l’orientation et à la rédaction du texte, entraînant selon lui une nouvelle approche des relations avec le judaïsme, distincte de la tradition antérieure.
La seconde partie élargit la perspective : Poncins dresse une rétrospective des relations entre sociétés chrétiennes et judaïsme — loi mosaïque et Talmud, assimilations, marranisme, place politique des communautés —, puis analyse la question de « l’antisémitisme », les mouvements révolutionnaires et ce qu’il conçoit comme un antagonisme récurrent. Enfin, il commente le vote conciliaire et ses conséquences, estimant que la nouvelle ligne engage la doctrine et la pastorale dans un sens qu’il juge problématique pour l’identité catholique.
Critique du rapprochement Église–judaïsme à Vatican II, examen de l’influence de Jules Isaac et analyse de Nostra Ætate, dans la perspective traditionnelle de l’auteur.