Ouvrage écrit dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle depuis une perspective religieuse et polémique. Le texte reflète les enjeux et les représentations intellectuelles de son temps.
Premier volume d’une vaste enquête de Dom Paul Benoît sur la prétendue « cité antichrétienne ». L’auteur décrit le plan, les grades, les serments et les réseaux des sociétés secrètes (surtout la franc-maçonnerie) et expose, dans une perspective ecclésiastique, leur action subversive contre la civilisation chrétienne.
Dans ce premier tome, Dom Paul Benoît entreprend d’exposer avec méthode ce qu’il considère comme l’architecture intime du projet antichrétien qui se joue à travers les sociétés secrètes modernes. S’appuyant sur des textes rituels, des documents internes, des témoignages et une érudition patiente, il décortique le « plan du Temple » — idée directrice selon laquelle les loges poursuivent un but final, décliné en étapes intermédiaires et immédiates.
L’ouvrage se divise en livres et sections qui parcourent successivement : le plan idéal du Temple maçonnique (but suprême), les plans moins parfaits (objectifs intermédiaires) et le Temple initial (but immédiat). Benoît expose les textes et formules, commente les symboles et propose des explications destinées à montrer la cohérence d’un dessein collectif. Son ton est à la fois docte et polémique : il souhaite informer et alerter le public catholique.
La seconde grande partie du tome est consacrée aux « ouvriers du Temple » : il décrit les grades communs aux rites, les hauts grades, puis s’attache au gouvernement interne des sectes, à l’union entre instituts, aux serments, aux séances et tenues, ainsi qu’à la Maçonnerie d’adoption et à ses ramifications. Benoît veut montrer que la combinaison de grades, de serments et d’un gouvernement caché confère aux sociétés une forte capacité de discipline et d’influence.
L’auteur distingue ensuite les sociétés maçonniques « moins parfaites » et les sociétés publiques qui leur sont vassales ; il analyse comment des associations ostensiblement publiques peuvent servir de relais aux desseins secrets. À ses yeux, cette porosité entre public et secret constitue une des armes de transformation sociale.
Dom Paul Benoît met en lumière l’importance des serments et des cérémonies : ces éléments, loin d’être de simples rites symboliques, fabriquent des solidarités ésotériques susceptibles de primer sur les liens civiques et religieux ordinaires. Il dénonce la centralisation d’un commandement occulte et la diffusion d’une doctrine naturaliste qui s’oppose à la Révélation chrétienne.
Le livre n’est pas seulement descriptif : il porte un jugement moral et doctrinal. Benoît considère ces institutions comme dangereuses pour l’ordre social et spirituel ; il appelle à la vigilance ecclésiale et proposes des défenses intellectuelles et institutionnelles pour préserver la cité chrétienne. Sa méthode combine citation de sources, reconstitution argumentative et exhortation pastorale.
Riche en références et en analyses, ce premier tome pose les bases d’une critique globale qui sera développée dans la suite de l’enquête. Pour le lecteur contemporain, il offre à la fois un exemple de la rhétorique anti-maçonnique du XIXᵉ siècle et un matériau documentaire — à lire en conservant la conscience du parti pris doctrinal de l’auteur.
Enquête doctrinale et historique sur les sociétés secrètes (surtout la franc-maçonnerie) : plan, grades, serments et relais publics, vue depuis une perspective catholique. Lecture contextualisée recommandée.