Cet ouvrage de Mgr Jean-Joseph Gaume soutient que la prédication chrétienne a atteint l’ensemble du monde dès les temps apostoliques. En s’appuyant sur la tradition, les Pères de l’Église et de nombreux témoignages historiques, l’auteur défend l’universalité précoce du christianisme comme preuve de son origine divine. L’étude aborde l’évangélisation de l’Afrique, de l’Asie, des Amériques et des Gaules, tout en critiquant les méthodes de l’hypercritique moderne.
Dans L’évangélisation apostolique du globe, Mgr Jean-Joseph Gaume propose une démonstration ambitieuse et documentée de l’universalité primitive du christianisme. Selon lui, la diffusion rapide et mondiale de l’Évangile, attestée par la tradition, les textes patristiques et les sources profanes, constitue un fait historique majeur trop souvent négligé par la critique moderne.
L’ouvrage s’ouvre par une réflexion sur la notion même d’évangélisation apostolique, entendue comme l’annonce effective de l’Évangile à l’ensemble du monde connu. Gaume y voit un double miracle : celui de l’établissement du christianisme et celui de sa propagation rapide sans moyens humains proportionnés.
L’auteur examine ensuite les voyages et la prédication des apôtres, en citant les témoignages de Tacite, de Pline le Jeune, d’Eusèbe, de saint Justin, d’Irénée, de Tertullien et de nombreux autres auteurs anciens. Ces sources, croisées avec la tradition ecclésiastique, servent à établir l’ancienneté de la foi chrétienne dans des régions éloignées.
Une large part de l’ouvrage est consacrée à l’Asie, notamment à la Chine et à l’Inde, où Gaume rappelle l’existence de communautés chrétiennes anciennes, attestées par des inscriptions, des liturgies orientales et des documents ecclésiastiques. Il aborde également l’Afrique et l’Amérique, qu’il considère comme ayant reçu, directement ou indirectement, l’annonce évangélique dès les premiers siècles.
Les chapitres consacrés aux Gaules occupent une place centrale. Gaume y défend l’idée d’une évangélisation très ancienne de la France, qu’il qualifie de « fille des apôtres ». Il critique vivement les thèses rationalistes et hypercritiques qu’il juge injurieuses envers la tradition chrétienne et dangereuses pour la foi.
En conclusion, l’auteur établit un lien entre l’oubli des origines apostoliques, la montée du matérialisme et l’affaiblissement spirituel des sociétés modernes. Il plaide pour un retour aux sources traditionnelles et à l’étude des biographies évangéliques comme remède aux dérives intellectuelles de son temps.