Ce second volume de l’Histoire des croisades poursuit le grand récit de Michaud sur l’épopée chrétienne en Orient. L’auteur y dépeint les destinées du royaume de Jérusalem, la prédication de la deuxième croisade par saint Bernard, les campagnes de Louis VII et de Conrad III, ainsi que la montée des puissances musulmanes jusqu’à la chute de la ville sainte. De riches pièces justificatives et documents d’époque accompagnent ce tome, offrant un regard précis sur les institutions et les ordres chevaleresques du XIIe siècle.
Édition : Furne et Cie
Date de publication : 1841
Nombre de pages : 545
Auteur : Joseph-François Michaud
Le second tome de l’Histoire des croisades s’ouvre sur la consolidation du royaume latin de Jérusalem et les premières tensions qui annoncent sa chute. Joseph-François Michaud y déploie un récit à la fois érudit et passionné, nourri de chroniques médiévales, de témoignages latins et arabes, et d’un profond esprit chrétien.
L’auteur retrace l’évolution du royaume fondé après la prise de Jérusalem (1100-1148), la croisade de Louis VII et de Conrad III, puis l’ascension de Saladin et les désastres qui conduisirent à la perte de la ville sainte. À travers ses pages, Michaud s’efforce de comprendre les causes spirituelles et morales de ces événements, tout en célébrant la foi et l’héroïsme des croisés.
L’ouvrage s’achève sur la troisième croisade, conduite par Frédéric Barberousse, Philippe-Auguste et Richard Cœur de Lion. L’épopée prend ici des accents tragiques et grandioses : l’empereur meurt en route, tandis que les deux rois rivaux portent les armes jusqu’à Saint-Jean-d’Acre. Michaud s’attarde sur le contraste entre la ferveur religieuse des chevaliers et les calculs politiques des souverains.
Les « Éclaircissements » et « Pièces justificatives » qui accompagnent le texte font de ce volume un outil d’étude historique de premier ordre : lettres, traités, bulles pontificales et chartes illustrent la complexité de la société chrétienne en Terre sainte. Parmi eux, le concile de Naplouse (1120) ou encore la bulle du pape Eugène III pour la deuxième croisade témoignent de la profonde alliance entre la foi et la politique médiévale.
À travers son style noble et mesuré, Michaud érige un monument de l’historiographie romantique française : une œuvre où l’histoire devient contemplation morale et spirituelle du destin chrétien. Ce deuxième tome, à la fois dramatique et documenté, demeure une référence pour quiconque s’intéresse à la civilisation médiévale et à l’idéal de la chevalerie.
Joseph-François Michaud (1767–1839) fut historien, journaliste et académicien. Monarchiste convaincu et fervent catholique, il consacra sa vie à défendre la mémoire chrétienne de la France. Son œuvre majeure, Histoire des croisades, parue entre 1812 et 1840, demeure un classique de la littérature historique du XIXe siècle. Par son style lyrique et sa vision morale de l’histoire, Michaud donna aux croisades une signification spirituelle, voyant en elles l’expression du génie chrétien de l’Europe médiévale.