Témoignage intime et pratique d'un missionnaire catholique au Kouy-Tchéou, ces lettres et chroniques racontent la vie quotidienne chinoise, les rites, les fêtes, les difficultés d'évangélisation et les joies pastorales. L'abbé Aubry mêle observation ethnographique et récit spirituel : rencontre d'un peuple, portraits de familles chrétiennes, épisodes de persécution et scènes de dévotion.
L'abbé Jean-Baptiste Aubry offre ici un regard à la fois pastoral et vivant sur la Chine de la fin du XIXᵉ siècle. Rédigées sous forme de lettres et de récits de mission, ses pages restituent l'itinéraire d'un prêtre parti de l'Europe pour s'enraciner auprès des communautés chrétiennes du Kouy-Tchéou. L'expérience du voyage, la traversée du canal de Suez, l'arrivée à Shanghai, puis la longue marche vers l'intérieur — autant d'étapes décrites avec sens du détail et sympathie pour les personnes rencontrées.
Ces textes ne sont pas de simples impressions de voyage : ils rendent compte du travail pastoral (baptêmes, catéchismes, visites, fondation d'œuvres), des difficultés matérielles (auberges, transports, santé), et des réalités culturelles (cérémonies funéraires, culte des ancêtres, bouddhisme, fêtes locales). Aubry observe la langue, la famille, les usages alimentaires et les métiers ; il note aussi les forces et les résistances qui façonnent l'accueil de l'Évangile.
Le lecteur trouvera des portraits attendrissants — vieilles chrétiennes fidèles, enfants catéchisés, familles converties — et des scènes plus dures : persécutions locales, arrestations de catéchistes, premiers martyrs. L'auteur documente la relation entre missionnaires européens et prêtres indigènes, montrant la progression d'une Église locale peu à peu autonome.
D'un point de vue méthodologique, le livre allie sensibilité missionnaire et observation concrète : descriptions d'objets liturgiques, comptes rendus de cérémonies, dialogues rapportés « sur le vif » qui rendent l'ensemble très vivant. On y trouve aussi des réflexions sur la difficulté de faire passer des notions chrétiennes (péché, grâce, sacrements) dans un contexte où l'approche religieuse et sociale diffère profondément.
L'ouvrage est précieux pour l'historien des missions, l'ethnographe ou le curieux soucieux de comprendre comment, au sortir du XIXᵉ siècle, des missionnaires ont tenté d'articuler respect des cultures et fidélité évangélique. Aubry ne se contente pas de cataloguer les mœurs ; il témoigne d'une passion apostolique, d'un amour patient pour des communautés fragiles et souvent persécutées.
Enfin, Les Chinois chez eux sert de ponctuation aux grandes questions missionnaires de l'époque : quelle place pour le clergé indigène ? Comment accompagner la foi sans effacer les cultures locales ? Quels rites conserver et quels usages combattre ? L'abbé Aubry expose ces enjeux à travers des cas concrets, des anecdotes saisissantes et des récits de proximité.
Texte à la fois documentaire et spirituel, l'ouvrage se lit comme un carnet de mission : il informe, émeut et invite à la réflexion sur la rencontre des civilisations.
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