Henri De Mayol de Lupé - La captivité de Pie VII - Tome 2 Edition : EMILE-PAUL FRÈRES Date de publication : 1916 Nombre de pages : 547 Auteur : Docteur Ludwig von Pastor Table des matières. CHAPITRE V. - SAvoNE. 1810. (Suite). Des deux côtés, les tentatives de conciliation condamnées à un échee inévitable. — La détention de Pie VIII menace d'un même péril toutes les églises de la chrétienté. - Nombre croissant des diocèses français privés de pasteurs. - Commissions de jurisconsultes et droit du métropoli- tain à conférer l'institution canonique. - Le cardinal Maury rappelle l'exemple de Louis XIV. — L'administra- tion des diocèses donnée aux évêques non institués. - Les modifications aux articles organiques permettent la main-mise sur la juridiction épiscopale « comme s'il n'y avait pas de Pape. » — Concile de Trente et concile de Lyon. - Dix-huit archevêques et évêques, avec le cardi- nal Fesch à leur tête, pressent le Souverain Pontife d'adop- ter leurs opinions sur les dispenses et l'institution cano- nique. — L'empereur « n'a pas besoin du Pape; tout est d'accord pour s'en passer. » — Envoi des cardinaux Spina et Caselli à Savone. - A Rome, inventaires des couvents ; spoliation légale ; le serment et les évêques. - Expulsion violente de religieux et religieuses. - La classe inférieure et les populations rurales; la noblesse. — La Consulte décriée ; les réceptions de Miollis. — Le duc d'Otrante. — Evêques déportés. — Curés et chanoines. - Pigne- rol et la Corse. — Transfert des exilés réglé par un « mar- :ché ». — « Le pays de Rome » excite la « sollicitude » impériale. - Bienfaits matériels et l'administration du comte de Tournon. - Négociation des cardinaux Spina et Caselli. Méfiance du Pape. - La glace est rompue. - Le Saint-Père ne veut pas agir sans un Conseil. — Blocus con- tinental. - Abdication du roi de Hollande. - Le schisme. — Le Pape ne veut songer qu'au travail du jour. - Son insensibilité apparente et le silence de son entourage in- quiète M. de Chabrol. — A l'occasion de la mort du cardi- nal Caprara, Pie VII s'anime. — Le déclin des croyances. - La Suède, Charles XIII et Bernadotte. — Sur le terri- toire français, les couvents sont déserts. — La Thébaïde et la Trappe. — Sainte-Perrine et Chaillot. - En Italie, les spoliations continuent. — A Savone, religieux et reli- gieuses sont dispersés. — Le Pape retrouve son énergie et devient irritable" • • • • • -• . . . 1 - 4 5 V. — Aucune suite immédiate à la députation des cardinaux. Spina et Caselli. - Le cardinal Antonelli. - Vingt-sept sièges épiscopaux vacants. — Les chapitres et les pouvoirs de vicaires capitulaires conférés aux évêques non institués. — Le cardinal Fesch, archevêque de Lyon, appelé au siège de Paris. — Il propose de prendre le titre de « Nommé à l'archevêché de Paris. - Napoléon refuse. — Le car- dinal Maury, évêque de Montefiascone, devient archevêque de Paris. - Divers évêques nommés s'établissent dans leurs diocèses. - L'archevêché de Florence et Mgr d'Os- mend. - Des brefs viennent de Savone condamnant les evêques qui gouvernent les églises sans être institues. - Emprisonnement des prêtres fidèles. — A Asti, Ngr De- jean n'est même pas admis comme administrateur provi- soire. — Le conflit religieux entre dans une phase aigue. — Le cardinal Maury manifeste sa joie en annonçant au captif de Savone sa nomination à l'archevêché de Paris. - Le Pape est décidé à répondre. — Il est comme « dé- livré d'un fardeau. » — Le général César Berthier de- mande au Souverain Pontife de bénir le mariage d'une de ses filles. - Pie VII permet seulement que le mariage soit célébré dans sa chapelle par l'évêque de Savone..- Il fait observer avec une fine bonhomie que saint Pierre « avait baptisé dans sa prison, mais n'y avait point marié. » - Sa réponse au cardinal Maury; il charge M. de Chabrol de la faire parvenir. - Pourquoi use-t-il ainsi de la voie officielle? - Ses moyens de correspondance à l'insu des agents du gouvernement. - Grands seigneurs et grandes dames, hommes et femmes du peuple, prêtres et jeunes gens, ligués contre la police de Napoléon. - Les Papes séjourneront tour à tour à Paris et à Rome. — « Papes voyageurs, premiers aumôniers de l'empereur. » - Malaise dans le département de Montenotte. — La police de la maison pontificale. — M. de Chabrol et les intrigues de la jalousie. — Il est nommé « commissaire impérial près Sa Sainteté. » — Le cardinal di Pietro exilé à Saumur; il est confirmé dans les droits de délégué apostolique. - A Rome, les défenseurs de la Papauté, à l'exemple des partis vaincus, rêvent de catastrophes. — Sévérité du commissaire impérial. — Désir d'un accommodement. - Le général Savary, duc de Rovigo, remplace Fouché au ministère de la police. — Copies du bref au cardinal Mau- ry; bref à l'abbé d'Astros. « L'extérieur du Pape doit se ressentir du mécontement " de l'empereur. - Pie VI et Joseph II. — Qui fera les premiers pas? - Suppression et confiscation sont les armes suspendues sur la tête du clergé. - La prison dernier refuge de la liberté mo- rale. . . . . . . . . . . . . . . . 4 5 - 7 5 CHAPITRE VI. - SAvoNE. 1811-1812. I. - L'Eglise et l'Etat. - Séparation et confusion. - La politique impériale envers la Papauté pose le principe de la séparation. - Religion d'Etat et religion de l'Etat. - Souveraineté illimitée de la puissance civile. - Le 1er jan- vier 1811, aux Tuileries, et l'abbé d'Astros. - Le bref au cardinal Maury; l'abbé d'Astros, M. Portalis et M. Pas- quier. — Le bref au chapitre de Florence et Mg d'Osmond. — Arrestations, emprisonnements. — Nouvelles rigueurs à Savone. — « Il n'y va rien moins que de la vie. » — « Une clique du Pape. » - Questionnaire adressé aux évêques. - Le Concordat doit assurer « une bonne police dans l'Etat. » - Ancien régime et principes nouveaux. - L'ex- posédes motifs pour le projet de Concordat et les articles organiques. — « La puissance publique n'est rien si elle n'est tout. » — Projets pour faire évader le Souverain Pon- tife. — Odieux supplice. — A Savone, précautions mili- taires. Dénuement de Pie VII. - Les Sœurs Augustines. — Le capitaine de gendarmerie Lagorse est envoyé à Sa- vone. — Les papiers de l'évêque Maggiolo sont saisis. — Exécution rigoureuse des ordres de l'empereur . 76-101 - Perquisition nocturne dans la demeure du Saint-Père. — Pie VIl déclaré « ennemi de l'Etat et de l'empire. » - Il est isolé et « réduit à sa propre écriture. » — Réduc- tion des dépenses; les gens de la suite consignés. - Il faut « fournir abondamment au Pape tout ce qui lui est néces- saire, sans lui donner aucune marque de considération ex- térieure. » - Seconde perquisition dans les appartements de Pie VII; ses papiers et ses livres, même ses livres de piété sont saisis; tout moyen d'écrire lui est enlevé. - In- jurieux message de M. de Chabrol. — Adresse du chapitre métropolitain de Notre-Dame de Paris. - Réponse de l'empereur à cette adresse. - La lettre de Louis XIV à Innocent XII. - Attribution des pouvoirs capitulaires aux évêques nommés. — Adhésions à l'adresse du chapitre de Paris. — Agence de rédaction à Milan. - Congrégation de l'Index et rétractations tardives. — Adulations du haut clergé. — Evêques se faisant agents de recrutement. - Défections des chapitres. - L'évêque intrus d'Asti jugé par le prince Borghese. — Les chapitres d'Imola et de Sa- vone. — Altération des documents. — « Que les terres de Savone soient toutes dans les mains de la police. » - Le Pape ne communique plus avec personne. - Son aban- don. — Plusieurs de ses serviteurs au fort de Fénestrelle. — Un mot de César Balbo sur la résistance des prêtres en Italie. - En France, comme en Italie, la persécution sévit. - Trop d'esprit et bêtise sont également dangereux. - Caisse des Confesseurs de la foi. - Nobles dévouements. — Grandes dames et servante. - L'anneau du pêcheur. _ Confesseur et médecin. — « La position du Pape ne fournit plus matière à des rapports fréquents. " - Un breuvage- de morphine. — Pie VII soudainement parait céder. — MM. d'Haussonville et Welschinger. - Le comte Salmatoris et son petit-fils, le marquis de Seyssel d'Aix. — Le duc de Rovigo; les « instructions secrètes et mysté- rieuses » données au préfet de Montenotte. • 101-152 III. Napoléon et la légitimité. — Ses défiances. - Un enfant va naître. — Régime de terreur pour les évêques, prêtres et fidèles, — Il faut réduire le Pape au désespoir. — Pré- pondérançe du pouvoir civil. - Réunion d'un concile na- tional. — Commission du conseil d'Etat. - « La mauvaise conduite du Pape. » Fausses affirmations. - « Pour cause d'abus. » — « Pape de Satan. » - Légistes et conseil du clergé. — L'abbé Emery. - La bulle d'excommunica- tion. — « La cour de Rome s'est constituée en état de guerre » avec la France. — Le Concordat pourra être con- sidéré comme suspendu. - Arrêt du parlement de Paris, sous Louis XIV. — Concile national. — Institution par le métropolitain. - « La loi de nécessité. » - L'empereur a bien voulu imiter Louis XIV. — Conformité de « la doc- trine de Jésus-Christ » avec les quatre propositions de l'E- glise gallicane - Questions posées au conseil ecclésias- tique sur les dispenses et l'institution canonique. - Une clause à ajouter au Concordat. - La pragmatique sanction et l'Assemblée de Bourges en 1428. — Contradictions et jeu d'équilibre. — Erudition gallicane. - Concile national ou Assemblée du clergé. — Protestation de soumission au Saint-Siège. - La captivité de Pie VIl et l'Eglise de France en péril. - Les évêques demandent l'envoi d'une députa- tion auprès de Pie VII. - La religion du Pape a besoin d'être « éclairée ». — Nobles paroles et défaillances. - Qualques vois indépendantes. - Réunions du conseil ec- clésiastique et de la commission des conseillers d'Etat aux Tuileries. - Violente et feinte colère de l'empereur - M. Emery et Napoléon. - A propos de Bossuet. - Une députation épiscopale envoyée à Savone ; ses instructions. -Lettre collective de cardinaux et d'évêques, adressée au Pape et remise à la députation épiscopale. - Le cardinal Fesch écrit personnellement au Souverain Pontifie et fait connaître les conditions d'un traité de paix. - Dix-sept prélats, parmi eus sept cardinaux, écrivent individuellement au Pape. - Consultation de M. de Gérando. - La députation à Savone. - Evêques et gendarme. — Les rapports de Mer de Barral, archevêque de Tours. — L'institution canonique, la déclaration de 1682. - M. de Chabrol et le docteur Porta. — Secret commandé. — Pie VIl est ébranlé. - Altération de sa santé; singulier malaise. — Subit et complet revirement. — Mal mystérieux. — Les évêques rédigent une note qui est la capitulation du Saint-Père ; le Pape l'accepte. — M. de Chabrol célèbre les services du docteur Porta. — Pie VII se ravise et proteste contreila note des évêques ; il menace d'un éclat. - Sa crise de demi- ivresse, d'« aliénation » est passée; elle avait été la cause et non l'effet de sa défaillance. — Rapport des évêques dé- putés au ministre des cultes. — La protestation du Pape et le silence ordonné par l'empereur. - La députation a échoué; la conjuration des évêques n'est pas termi- n é e . . . . . . . . . . . . . . 1 5 3 - 2 2 6 IV. - Un voile est jeté sur les incidents de Savone. - Con- vocation d'un concile national. — Ouverture de la session du Corps législatif. — La présidence du concile et le car- dinal Fesch. — Message lu au concile. - Divagations historiques. — Les entretiens de Saint-Cloud. - Céré- monie à Notre-Dame. - Discours de Mer de Boulogne; profonde émotion. — Mer d'Aviau ; « l'obéissance due au Souverain Pontife, » — Le cardinal Fesch et la profession de foi de Pie IV. - L'esprit de corps. - Les évêques forment deux groupes. - Règlement intérieur. - Com- mission de l'Adresse. - Me Maurice de Broglie. - Les évêques italiens et les propositions gallicanes. - Le suf- fragant de Munster et l'évêque de Chambéry. — La liber- té du Pape, l'excommunication et la déclaration de 1682. — L'Adresse remaniée est votée par assis et levé; Napo- léon refuse qu'on la lui lise. — L'exposé de la situation de l'empire. — « Le Concordat n'existe plus. » — La réponse au Message et le Mandement d'usage. - « Le fleuve d'oubli. » — « Le cas de la nécessité » et la dé- putation envoyée à Savone. - Le concile demande l'envoi d'une nouvelle députation auprès du Pape. - L'empereur n'autorisera cette députation que si le concile rend un dé- cret assurant l'institution des évêques sans l'intervention du Pape. « La bourse ou la vie. » Gallicans et ultramon- tains. — Compétence du concile. — « Baltologie. » - Colère impériale au sujet du vote sur l'incompétence du concile en matière d'institution canonique. — « Princes de l'Eglise ou bedeaus. » - L'empereur change de tac- tique. - Ses évêques revenus de Savone « ont levé toutes les difficultés. » — Le décret demandé au concile ne fera que ratifier la prétendue concession de Pie VII et sera pu- blié. comme « loi de l'Etat. » - Opposition de l'archevêque de Bordeaux et de l'évêque de Gand. L'approbation préa- lable du Pape est exigée. - Peres du concile et « com- mission d'avocats ». Tout doit être terminé dans six jours. — Les procès-verbaux à l'état de « squelettes. » - La note de Savone. — Ni Adresse, ni Mandement. - Disso- lution du concile. — « Les rigueurs ne changent pas les consciences. » — Les évêques de Gand, de Troyes et de Tournai au donjon de Vincennes. — « L'incompétence fi- nale. » — Tentatives pour circonvenir les évêques pris individuellement. - Fermeté de Pie VII. - Saint Pierre à Rome, son successeur à Paris. — M. de Chabrol et le tribunal de l'histoire. — Docilité des évêques. - Le Grand- Juge et « la commission d'avocats. » — Fils de la révo- lution et héritiers des légistes. - L'œuvre des parlements. — Le sacerdoce dépendant du pouvoir civil. — « Appel comme d'abus. » — L'autorité spirituelle et le code pénal. - Réouverture du concile. - Rapport de l'archevêque de To u r s ; récit détaillé des négociations de Savone. — Le décret que l'empereur réclamait du concile est v o t e . . . . . . . . . . . . . . 227-270 V. — Pape et empereur. — Qui sera maître de l'épiscopat? - « Se passer de Pape. » — Violences contre les prêtres et les religieux, en France, en Italie et en Hollande. - Ordres secrets. — Filles de Saint-Vincent de Paul, — Les évêques détenus à Vincennes protestent de leur dévouement à l'em- pereur. - Ils doivent s'engager à ne plus s'occuper de leurs diocèses. — En pleine cour, Napoléon injurie les cardi- naux Caselli et Spina. - Les soucis de la guerre d'Espagne. — Des cardinaux sont adjoints aux évêques, pour la nou- velle députation envoyée à Savone. — Les instructions du ministre des Cultes aux cardinaux et aux évêques députés auprès du Pape. - Occupations et conversations de •Pie VII. - Il reçoit le cardinal de Bayanne et Mer Bertaz- zoli; son émotion et ses larmes ; sa réserve. — Cardinaux et évêques reprennent les discussions antérieures. - Le Saint-Père ne peut rien décider parce qu'il est « prisonnier »; sa conscience et ses doutes. — Mer de Barral et M. de Cha- brol. — Nomination aux évêchés des Etats romains, partie intégrante de l'empire. - « Tout paraît d'accord » ; décret et bref. — « Tous les mots doivent être pesés », c'est « le refrain. » — L'institution canonique « conformément aux Concordats. » — « Confirmation pure et simple » du décret rendu par le concile. - Ruse dauphinoise. - Le cardinal de Bayanne et sa surdité. — « La cara Roma. » - Le bref. — Courtisans et casuistes. — Le duc et le duché de Parme. « Réunis en concile. » — Le serment et l'institution cano- nique. — L'attitude des deux parties opposée à l'intérêt de leur cause. Le bref et le cardinal Pacca. - Le Pape et son « très cher fils Napoléon. » - Approbation du décret ren- du par le concile. - L'empereur rejette le bref. - Lettre du Pape à Napoléon. - Les députés du concile « attendent tout du cœur de Sa Majesté. » - Soumission de Pie VII et pais religieuse. - Dissentiments parmi les membres de la députation. — Notes confidentielles de Mer de Barral. - Lettre de l'empereur à M. Daru pour accuser réception du bref. - L'empereur veut rester « maître d'agir suivant les circonstances. » — Une « convention de dévots. » - Napo- léon dans les provinces du Nord et en Hollande. - Pré- paratifs de la guerre contre la Russie. — « L'affaire du Pape » laissée en suspens. — Les évêques, à Savone, con- damnés à l'inaction. - Leur passe-temps. - L'empereur ne prendra aucune décision sans que les évêques nominés aient reçu leurs bulles. Il prépare l'échec des tentatives qu'il avait commandées. — A Savone, cardinaux et évêques, ainsi que M. de Chabrol, ne doutent pas d'une issue favo- rable. — La commission des jurisconsultes se prononce pour la publication du bref, avec « improbation formelle », et du décret rendu par le concile. - L'empereur veut re- jeter la publication du bref et publier le décret comme loi de l'Etat. - « Il faudra bien que le Pape en passe par là. » — Auparavant il devra donner l'institution pour tous les évê- chés vacants. — Il ne pourra exercer aucune juridiction spirituelle avant d'avoir approuvé le décret du concile. - Le plus grand secret est ordonné. — Il importe d'empirer la position du Pape et d'éloigner le dénouement du conflit religieux. — Vox populi, Vox Dei. — Le Saint-Père est im- pressionné. — Il demande toujours son conseil. - Le Père Menocchio. - « Les jours se suivent, et, contre l'ordinaire, ils se ressemblent beaucoup. » — Le Pape se ressaisit. Qu'on lui rende ses conseils et sa liberté. - Les cinq car- dinaux, installés à Savone, blâment sa résistance. - Pie VII se demande si sa mort n'est pas, dans les desseins de la Providence, le dénouement de la crise. — Exposé des évêques adressé aux cardinaux, pour être mis sous les yeux du Souverain Pontife. - Réponse des cardinaux dictée par le Pape; ils en déclinent la responsabilité. — Illusions de Pie VII. - Malentendus et équivoques. — Le bref accor- dait tout ce que l'empereur avait demandé; motifs de son rejet. — « Rois horizontaux » et « Rois perpendiculaires ».— Religion impériale. - Notre-Dame de Paris, cathédrale du monde catholique. - Napoléon entend « avoir raison de l'Eglise. » — Il ajourne la cause du Pape au lendemain de ses victoires. — Le Czar et le Saint-Synode. - La création d'un patriarche. - Le comte de Narbonne. - La foi reli- gieuse de Napoléon; opinion de M. Frédéric Masson. - «Qui sait les liens qui unissent la terre au ciel! » — Les consistoires, les synagogues, les loges maçonniques glo- rifient Napoléon comme leur protecteur. - L'écho des ré- jouissances en l'honneur du roi de Rome arrive à Savone. — L'anniversaire d'Austerlitz et du sacre. - Les cardinaux, à Savone, prennent part à la fête. — Le Pape attend de nou- velles ouvertures. - Par le rejet du bref, il est libéré des engagements qui lui ont été arrachés. - La députation demande une nouvelle rédaction du bref. - Refus formel du Souverain Pontife. - Son « inflexibilité », « son obsti- nation » et sa « timidité naturelle. » — Pendant plus d'un mois, promesses et menaces se succèdent. - M. de Chabrol et le docteur Porta. — Ultimatum. - Malgré tous les efforts, on n'a pas « encore fait un seul pas. " — Nouvelle lettre de Pie VIl à Napoléon. — « Les moyens ies plus puissants se sont usés contre une obstination insurmontable. » — A cette seconde lettre, comme à la première, l'enpereur ne répond pas. - Il fait connaître les motifs de son silence. - Sa lettre à M. Bigot de Préameneu. — Le loup et l'agneau. — Cardinaux et évêques ont quitté Savone. - M. de Chabrol communique au Pape la lettre injurieuse de l'empereur, transmise par M. Bigot de Préameneu. — Il notifie au Saint-Père que, le bref du 20 septembre n'ayant pas été ra- tifié, les Concordats sont abrogés, et le Pape n'interviendra plus en rien dans l'institution des évêques. — Brusque changement de décor. — Le Pape doit être conduit à Fon- tainebleau, en attendant d'être installé à Paris..270-371 CHAPITRE VII. - DE SAVONE A FONTAINEBLEAU. 1812. I. - Napoléon à Dresde. - Avant d'engager les hostilités contre la Russie, il s'occupe du Pape. - Il ordonne son transfert à Fontainebleau, sous prétexte que des vaisseaux anglais sont devant Savone. — Pie VII, de nouveau « en cage », traverse la France. — Le général Savary, due de Rovigo ; ses instructions à M. de Chabrol et au capitaine Lagorse. — « Le plus grand secret » doit être gardé. - Précautions prises au moment du depart. — Le service de "la maison du Pape continuera pendantdix ou quinze jours, comme si le Saint-Père était présent. — Le général César Berthier à la Grande Armée. — Pénibles incidents pendant le voyage du Souverain Pontife. - Manuscrit du British Museum. - Documents des Archives royales de Turin. Cor- respondance du duc de Rovigo, du prince Borghese, de M. de C h a b r o l . . . . . . . • • 3 7 2 - 3 9 9 II. — Le Pape gravement malade au Mont-Genis. - Suite des documents conservés dans les Archives royales de Tu- rin. Correspondance du prince Borghese, du duc de Ro- vigo et du capitaine Lagorse. - Ordre barbare du mi- nistre de la police. - Inhumanité du prince Borghese. - , M. Pasquier et le duc de Rovigo ; hypocrisie de ce dernier, s'il a tenu le langage que rapporte M. d'Haussonville. — Récit du docteur Claraz relatant le départ du Mont-Cenis -et le voyage jusqu'à Fontainebleau. - Arrivée dans cette ville; le concierge du château est sans ordres. — La plu- part des ministres viennent saluer le Pape, qui, dans un état voisin de l'agonie, ne peut les recevoir.: 399-424 CHAPITRE VIII. - FONTAInEBLEAU. 1812-1814. I. - Reprise de la tactique du début, à Savone. - Somp- tueux appareil. - Simplicité et pauvreté d'un moine. - Le Courrier de Turin, Communiqué touchant le voyage de Pie VII. - Manœuvres épiscopales; Napoléon, à la tête de la Grande Armée, continue de les diriger. — L'entrée à Mos- cou. - Ni combats, ni négociations. — Le fidèle Duroc. - Revers et prodiges de vaillance. - Paroles prophé- tiques de Pie VII. — Les drames de la défaite. — Russie et Espagne. - La conspiration Malet. - Napoléon quitte l'armée. - Le 29° bulletin. - Merveilleuse activité de l'empereur. - Il pense à renouer des relations directes avec le Pape. — Sa lettre à Pie VII. — Ouverture d'une négociation. - Projet de traité. — Les exigences de l'em- pereur augmentent. — Retour au bref du 20 septembre, mais avec adjonction des clauses que le Saint-Père a tou- jours écartées. - Un évêque à l'affût. — Le Pape en proie à la fièvre. — La forêt de Fontainebleau en 1804 et en 1813. - L'empereur à Fontainebleau. — Il pénètre soudaine- ment auprès du Saint-Père et l'embrasse. — Conférences entre Pie VIl et Napoléon. - Les particularités de leurs entretiens n'ont pas été divulguées. — M. de Pradt; récits de Sainte-Hélène; cardinal Pacca, M. d'Haussonville, M. Welschinger, M. Frédéric Masson, l'huissier Dunod, Chateaubriand, Ms Gazzola, évêque de Cervia et plus tard cardinal. — Conversation de ce prélat avec Pie VII. - Il parle de « comédie » et de « tragédie » avant qu'aient été prononcés, par Alfred de Vigny, les deux mots célèbres : " Commediante » et « tragediante ». — Déclaration de Pie VIl au comte Paul Van der Vrecken. — Les articles du Concordat de Fontainebleau; ils doivent servir de base à un arrangement définitif. - Ces articles préliminaires sont te- nus par l'empereur pour l'acte définitif. - Défénse de don- ner connaissance de la convention de Fontainebleau, « sous quelque prétexte que ce soit. » — Concession de Napoléon. — Il déclare que la signature de cette convention n'entraine point pour le Pape la renonciation à la souveraineté de Rome. — Les biens aliénés et non aliénés; les premiers • remplacés par une rente jusqu'à concurrence de deux mil- lions de francs. — La dignité du Saint-Siège offensée. - L'institution canonique serait donnée « conformément aux. Concordats » et « en vertu du présent indult. " — Copie des articles établis entre le Saint-Père et l'empereur sur les bases du traité de Fontainebleau. - Distribution de ré- compenses qui ressemble au règlement d'un marché. - L'empereur triomphe. . . • • 425-450 II. — Napoléon hâte les préparatifs de guerre. — Il médite sa revanche. — Pie VII ressent des troubles physiques et moraux. — Il s'interdit de célébrer le saint sacrifice. - Sa physionomie dépeinte en deux portraits différents par le cardinal Pacca et par l'impératrice Marie-Louise, qui lui trouve une « très jolie figure ». - On lui rend les honneurs souverains. - Le général comte de Saint-Sulpice. - La- gorse prend le costume de chambellan. — Pie VII ne sort pas de ses appartements. — Evêques intrus ou non insti- tués. — Le Pape accablé. — * Nous nous sommes sali », dit-il au cardinal Pacca ; « ces cardinaux m'ont fait signer. » Le Souverain Pontife a fléchi; les remords passent la me- sure de sa faiblesse. - Son autorité doctrinale n'est pas atteinte. - Les cardinaux Pacca et Consalvi demandent une lettre de rétractation adressée à l'empereur. - Les cardinaux consultés se divisent. — Le Pape n'exécute au- cune des clauses de la convention préliminaire de Fontai- nebleau que l'empereur fait déclarer « loi de l'Etat ». - Cet abus de pouvoir, au lieu de lier Pie VII, l'affranchit des engagements qui l'oppressent. - Sa lettre de rétractation. _ Communication aux cardinaux. — « Le plus grand se- cret » sur la lettre du Pape est ordonné au ministre des cultes. — Le prétendu Concordat de Fontainebleau est « une inspiration de l'Esprit-Saint ». - Napoléon précise la conduite qu'on doit tenir à Fontainebleau. - Enlèvement nocturne du cardinal di Pietro. - La messe du Pape. - Les sœurs de charité. - Renvoi du comte de Saint-Sulpice,- gouverneur du palais. - L'officier de gendarmerie Lagorse suffit. - Deux décrets: l'un déclare le Concordat de Fon- tainebleau « loi de l'empire », l'autre le rend « obligatoire » pour toute la hiérarchie catholique. - L'empereur gagne Mayence pour se mettre à la tête de ses armées. — Pie VIl manifeste une fois de plus son repentir et ses remords. - Nouvelle allocution aux membres du sacré collège. — Une bulle pour le futur conclave. — Victoire de Lutzen. - Cir- culaire de l'impératrice-régente demandant aux évêques des prières d'actions de grâces. — Elle écrit au Pape. - Pie VII répond; il unit la cause du Saint-Siège à celle de l'Europe. 4 5 1 - 4 7 7 Ill. - Après Lutzen, Bautzen. - La médiation de l'Au- triche. — Congrès de Prague. - La Russie et la Prusse. Médiation armée. - Plénipotentiaires français. - Quand M. de Metternich dit qu' « il est trop tard », Napoléon s'oc- cupe de châtier des séminaristes et des béguines. — « Si- lence et prison d'Etat. » - Le train de vie du Saint-Père. - L'officier de gendarmerie Lagorse; ses grossiers pro- pos. — Le duc de Rovigo et l'infaillibilité. — Pauvreté mo- nastique. - Plaisanteries inconvenantes des évêques admis à visiter le Pape. - Joseph de Maistre et « le crime de Cham »; odieux langage contre Pie VII. - Lettre du Pape à l'empereur François. - L'Autriche et Murat, en 1814. - Leipzig. — Nouvelles tentatives de négociations avec le souverain Pontife. - La marquise de Brignole. - Mer Fal- lot de Beaumont; récit de ses démarches auprès du Pape. — Projet de traité, où la souveraineté temporelle du Pape est reconnue. - Napoléon préfère « voir les Etats romains entre les mains de Sa Sainteté qu'entre celles Je tout autre souverain. » — La convention proposée à Pie VIl n'est re- lative qu'au « Souverain de Rome ». — Le Pape repousse ce traité ; motifs de son refus. - Lagorse succède. dans le rôle de négociateur, à la marquise de Brignole et à Mer Fal- lot de Beaumont; son insuccès. - L'empereur est près de lâcher sa proie de crainte qu'on ne la lui enlève. CHAPITRE IX. - DE FONTAINEBLEAU A ROME. 1814. Départ de Fontainebleau. - Suprèmes recommandations du Pape: ses préoccupations. — Il insiste sur ses protesta- tions et rétractations. - Dernière communication aux car- dinaux, préparée d'avance, en attendant l'avis des nomina- tions épiscopales. - Cet avis ne lui parvenant pas, Pie VII envoie à l'empereur une seconde lettre, dont les points prin- cipaux étaient indiqués dans sa communication au sacré collège. - Dispersion des cardinaux résidant à Fontaine- bleau. — Lagorse promène le Pape à travers la France; il doit dire qu'il le mène à Rome, et il le conduit à Savone. - La lenteur voulue de sa marche. — Arrêt à Nice. - Au delà de Menton, le Pape est transporté en litière. Ovations po pulaires le long du littoral - A Noli, réconciliation de l'é- vêque condariné par l'Index comme janséniste. - « Tout est pardonné et oublié. » — Arrivée à Savone. — Le mar- quis de Brignole a remplacé M. de Chabrol; ses préve- nances envers le Pape. - Consignes rigoureuses venues de Paris. - Congrès de Châtillon. - Napoléon repousse les propositions des puissances. - Suprêmes efforts. — Ordre de remettre le Saint-Père aux avant-postes napolitains, pour « embarrasser Murat ». - Le prince Borghese ne doit ni « reconnaître » ni « ne pas reconnaître » le Pape. - Le • départ de Savone ; fête de Notre-Dame de la Miséricorde. - Napoléon lutte encore. - Symptômes de déclin « Dynamique sociale », dynamique morale. — Pie VII à Alexandrie, chez M. de Chabrol-Crouzol, frère de l'an- cien préfet de Montenotte. - Il annonce à son hôte la chute imminente de Napoléon. - Troupe de galériens, à genoux, demandant la bénédiction du Souverain Pontife; ce sont 200 prêtres condamnés aux travaux forcés. — Prêtres dé- portés en Corse, réduits à « vivre de pain et d'eau. » - Mu- rat déclare renoncer à ses prétendus droits de conquête en faveur du Pape. - Arrêt à Imola. - Rencontre avec le cardi- nal Fesch, à Césène. Rome, « patrie des grands exilés » ; ses portes sont ouvertes à la famille Bonaparte. — Le gouverne- ment provisoire ordonne que les honneurs dus au Saint-Père soient rendus à Pie VII. - Murat et le pouvoir temporel. - L'abdication de Napoléon, — Successeur de Charlemagne et roi de l'ile d'Elbe. — Le Pape voyage à petites journées. — Dernière halte à la villa Giustiniani. - Entrée dans Rome. - Saint-Pierre et le Quirinal. - Fêtes publiques et solen- nités religieuses. — Victor Emmanuel Ier dans les bras de Pie VII. - Retour de l'ile d'Elbe. - Murat et l'Italie. - Le Souverain Pontife à Gênes. — Il visite Savone pour la troisième fois et accomplit un vœu fait à la Vierge du Val- Saint-Bernard, Notre-Dame de la Miséricorde. - Son in- tervention pour adoucir le sort du captif de Sainte-Hélène. — Le cardinal Consalvi et le prince-régent d'Angleterre. — Napoléon « ne peut plus être un danger pour quelqu'un », Pie VII voudrait qu'il « ne fût un remords pour personne. » - La leçon des événements.