Ce cinquième tome du monument historique du Père Fernand Mourret explore les bouleversements spirituels et intellectuels du XVe et du XVIe siècle. De la décadence de la chrétienté médiévale à la Renaissance humaniste, il retrace la montée des tensions religieuses qui aboutissent à la Réforme protestante. L’auteur expose ensuite la réponse vigoureuse de l’Église catholique : réforme du clergé, renouveau spirituel, et concile de Trente. Un panorama magistral d’une époque où la foi, la culture et la politique s’entrechoquent.
Le cinquième volume de l’Histoire générale de l’Église du Père Fernand Mourret s’attache à une période charnière : la Renaissance et la Réforme. À travers un regard d’historien ecclésiastique rigoureux, il expose d’abord la lente désagrégation de la chrétienté médiévale, minée par la centralisation pontificale, la corruption morale et la sécularisation progressive des institutions religieuses.
La première partie présente la décadence du Moyen Âge et l’émergence de l’esprit nouveau, incarné par les légistes, les docteurs hétérodoxes et le grand schisme d’Occident. Le récit conduit jusqu’à la Renaissance italienne, où l’humanisme, d’abord inspiré de la culture antique, tend à reléguer la foi à l’arrière-plan. Dans ce contexte de crise, l’auteur met en lumière les efforts de réforme interne et les prémices d’un renouveau spirituel au sein même de l’Église.
La seconde partie aborde la Réforme protestante, analysée dans sa triple dimension doctrinale, politique et morale. Mourret décrit avec précision les origines du luthéranisme en Allemagne, son expansion en Angleterre sous Henri VIII, et les luttes sanglantes qu’elle engendre en France. Il montre également comment le mouvement touche les royaumes du Nord, bouleversant l’unité de la chrétienté européenne.
Enfin, la troisième partie retrace la réforme catholique, souvent appelée Contre-Réforme, qui constitue selon Mourret une véritable renaissance spirituelle. Elle s’incarne dans le concile de Trente, la création d’ordres nouveaux (notamment la Compagnie de Jésus), et le renouveau de la discipline ecclésiastique et de la vie intellectuelle. Par son érudition et sa clarté, Mourret montre que cette réaction catholique, loin d’être seulement défensive, a ravivé la vigueur doctrinale et missionnaire de l’Église au seuil des temps modernes.