Édition : Gaume Frères
Date de publication : 1852
Nombre de pages : 608
Auteur : Abbé René-François Rohrbacher
Collection : Histoire universelle de l'Église catholique (29 volumes)
Ce vingt-troisième volume aborde l’un des tournants majeurs de l’histoire religieuse : la Réforme. Rohrbacher y décrit la rupture provoquée par Luther, les conséquences doctrinales et politiques de l’hérésie, et la réaction de l’Église face à la division de la chrétienté. À travers l’Allemagne, l’Angleterre, la Suisse et la Scandinavie, il montre comment la foi catholique résiste, s’organise et se purifie avant le concile de Trente.
Dans ce tome, l’Abbé René-François Rohrbacher retrace avec précision et vigueur les événements qui bouleversèrent l’Europe chrétienne au XVIe siècle. De 1517, date où Luther afficha ses thèses à Wittenberg, jusqu’à l’ouverture du concile de Trente en 1545, il expose l’origine, le développement et les conséquences des hérésies protestantes sur la société et la foi. L’ouvrage présente successivement la révolte de Luther, sa condamnation par Léon X, les guerres religieuses en Allemagne, la déchéance morale et politique qui s’ensuivit, ainsi que l’émergence de figures saintes en Italie et en Espagne qui restaurent la vie spirituelle.
Rohrbacher montre comment, tandis que l’hérésie divise et ensanglante l’Europe, l’Église continue à engendrer des saints et des ordres nouveaux, tels que la Compagnie de Jésus fondée par saint Ignace de Loyola et les missions de saint François-Xavier. Le contraste est saisissant entre le désordre des novateurs et la fécondité spirituelle de la foi catholique demeurée fidèle à Rome.
L’auteur évoque aussi les autres courants dissidents : Zwingle en Suisse, les anabaptistes en Allemagne, et Calvin à Genève, qu’il décrit comme un faux prophète imposant son autorité par la contrainte. En Angleterre, Henri VIII entraîne son royaume dans le schisme pour satisfaire ses passions, inaugurant une ère de persécutions et d’instabilité religieuse. Rohrbacher analyse avec une vigueur toute apologétique l’alliance des ambitions humaines et des hérésies doctrinales, qui produisent le désordre spirituel et politique du temps.
Le tome s’achève sur une note d’espérance : l’Église, après avoir traversé ces tempêtes, se prépare à la restauration doctrinale et morale qui s’opérera au concile de Trente. La Providence, rappelle l’auteur, fait jaillir des ruines mêmes de l’erreur une vitalité nouvelle pour la foi catholique.
Cette fresque historique allie érudition et conviction, offrant une lecture catholique du XVIe siècle où se croisent Luther, Érasme, Charles-Quint, Henri VIII, Calvin, saint Ignace et saint François-Xavier. L’œuvre témoigne de la permanence de l’Église, fidèle à son divin fondateur malgré les assauts de l’hérésie et les déchirements de la modernité naissante.