Dans cette vaste biographie historique et spirituelle, Édouard Fleury retrace la vie de sainte Radegonde, princesse thuringienne devenue reine des Francs, puis moniale à Poitiers. Le récit se déploie en trois livres : de son enfance jusqu’à son retrait du monde, de sa vie au monastère Sainte-Croix, et enfin des événements entourant sa mort et son culte posthume. Ce témoignage, richement documenté, rend hommage à une figure lumineuse de la sainteté féminine et de l’histoire chrétienne de France.
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Paru en 1843, l’ouvrage d’Édouard Fleury consacré à Sainte Radegonde demeure une référence incontournable sur la vie de cette reine devenue moniale, figure majeure de la sainteté mérovingienne. L’auteur, érudit et historien, y déploie une narration ample et documentée qui mêle rigueur historique et ferveur spirituelle.
Radegonde naît princesse de Thuringe, dans une époque troublée par les guerres et les rivalités des royaumes barbares. Captive de Clotaire, fils de Clovis, elle devient son épouse et reine des Francs. Mais la cour, théâtre d’intrigues et de violences, lui inspire bientôt un dégoût du monde. Lorsque Clotaire fait périr son frère, la jeune reine choisit le renoncement et se retire du siècle pour se consacrer à Dieu.
La première partie du livre retrace cette ascension spirituelle : éducation pieuse, œuvres de miséricorde, détachement progressif des honneurs. Radegonde reçoit le voile des mains de saint Médard et fonde, à Poitiers, le célèbre monastère de Sainte-Croix, qu’elle dote d’une règle stricte et d’une vie de pénitence exemplaire.
Dans le second livre, Fleury dépeint la vie monastique de la sainte : sa charité ardente, sa sollicitude envers ses religieuses, sa correspondance avec les grands de son temps, et surtout sa quête passionnée des reliques de la Vraie Croix, envoyées de Constantinople à son couvent. Ces épisodes, relatés avec précision, révèlent une foi vivante et rayonnante, unissant contemplation et action.
Le troisième livre évoque sa mort sainte, sa sépulture et l’histoire du culte rendu à Poitiers. L’auteur suit la trace de son influence à travers les siècles, décrivant les miracles opérés sur sa tombe, les pèlerinages, et les transformations du monastère devenu abbaye royale. L’ouvrage se conclut sur une notice historique et liturgique précieuse, retraçant la continuité de cette vénération jusqu’au XIXe siècle.
Édouard Fleury, en historien croyant, ressuscite ici l’image d’une reine chrétienne à la fois forte et douce, modèle de fidélité et de sainteté féminine. Son récit, à la fois érudit et profondément spirituel, invite le lecteur à découvrir en Radegonde une âme à la fois royale et monastique, unissant la grandeur du trône à l’humilité du cloître.