Ce second volume explore l’histoire et la théologie de la démonologie en retraçant les procès de sorcellerie, possessions, exorcismes et sabbats du XVe au XVIIe siècle. Bizouard confronte doctrines catholiques et protestantes, décrit les méthodes d’investigation judiciaire et les croyances populaires, et analyse de grandes affaires comme Urbain Grandier ou Madeleine Bavent. Une source précieuse sur la culture religieuse et judiciaire de l’Europe moderne.
Ce second tome de l’étude monumentale de Joseph Bizouard, paru en 1875 chez Isidore Liseux, se consacre aux siècles où la croyance en la sorcellerie et en l’action démoniaque a marqué la vie religieuse, judiciaire et sociale de l’Europe : du XVe au XVIIe siècle. L’auteur analyse avec précision les doctrines des démonologues catholiques et protestants, leurs convergences et divergences, ainsi que les procédures d’instruction, de détection et de condamnation des crimes liés à la magie.
Le volume détaille les maléfices, les pactes démoniaques, les guérisons superstitieuses, mais aussi les pratiques divinatoires (astrologie, chiromancie, rabdomancie). Il met en lumière les phénomènes de possessions collectives et individuelles, les obsessions, les infestations de lieux, et la manière dont l’exorcisme était codifié dans l’Europe moderne.
Une grande place est accordée aux procès célèbres — Gaufridi, Urbain Grandier et les religieuses de Loudun, Madeleine Bavent et les possédées de Louviers —, qui illustrent à la fois la rigueur inquisitoriale et les imaginaires spirituels de l’époque. Bizouard croise documentation judiciaire, récits théologiques et témoignages populaires pour restituer une fresque vivante de l’histoire démonologique.
Véritable somme érudite, ce tome éclaire un chapitre sombre mais essentiel de la culture spirituelle occidentale, entre croyances, pratiques et institutions.
Joseph Bizouard (1797–1870), magistrat et historien, consacra sa vie à l’étude des phénomènes spirituels et démonologiques. Son ouvrage Des rapports de l’homme avec le démon, publié en plusieurs tomes, demeure l’une des grandes sommes françaises du XIXᵉ siècle sur la question, alliant érudition juridique, historique et théologique.