Ouvrage écrit à la fin du XIXᵉ siècle par un auteur se présentant comme ex-initié et converti. Le texte prend la forme d'une dénonciation polémique : il restitue la vision et les accusations d'un témoin partisan. Lire comme document d'époque et témoignage subjectif plutôt que compte rendu neutre.
Enquête-pamphlet d’un ex-franc-maçon (D. Margiotta) dénonçant l’action politique de Francesco Crispi : selon l’auteur, Crispi aurait servi des intérêts maçonniques et anticléricaux, au détriment de l’Italie et de l’Église. Texte partisan et documenté d’époque.
Rédigé par un ancien initié retourné au catholicisme, ce volume se présente comme une charge méthodique contre Francesco Crispi, homme d’État central de l’Italie unifiée, que Margiotta juge responsable d’une série de choix politiques et moraux funestes pour la patrie et la foi. Le livre mêle portrait biographique, souvenirs, documents et dénonciations : l’auteur entend montrer que derrière l’action publique de Crispi se cachent des réseaux et des influences occultes — en particulier la « Haute-Maçonnerie » — qui ont orienté sa carrière et ses décisions.
Margiotta commence par dresser le portrait du personnage : caméléon politique, habile appariteur des circonstances, il retrace la progression sociale et les revirements de Crispi, mettant en lumière ce que l’auteur interprète comme contradictions morales et compromissions. Puis il s’attache à la genèse et à la mécanique des liens maçonniques : congrès, loges, alliances nationales et internationales, qui, d’après lui, fournissent la trame d’un pouvoir parallèle.
L’enquête consacre un chapitre au congrès maçonnique de Milan et à la propagande anticléricale qui, selon Margiotta, en émana. L’auteur explicite la manière dont la propagande, les réseaux de presse, l’action diplomatique et les complicités financières s’articulent pour imposer des orientations contraires aux intérêts religieux et traditionnels de l’Italie. Crispi est peint comme un homme qui, en s’appuyant sur ces appareils, a contribué à déchoir l’autorité morale et à pousser des politiques étrangères et intérieures dirigées par des objectifs non nationaux.
L’argumentaire de Margiotta tient à la fois de l’accusation personnelle et du témoignage d’initié : il affirme connaître, par ses propres expériences et celles d’autres repentis, les rouages et les formules de cette haute maçonnerie. Il documente son propos par des récits de congrès, des citations et des épisodes publics où, selon lui, Crispi a agi en relais de ces intérêts.
Le ton est vif, volontiers pamphlétaire, parfois injonctif : Margiotta ne cherche pas l’impartialité neutre mais l’éveil d’un lectorat catholique et conservateur. Son but est de mettre à nu non seulement la carrière d’un homme politique, mais la collusion d’appareils qui, de son point de vue, minent l’avenir de la nation.
Pour le lecteur contemporain, l’ouvrage a valeur de document : il restitue la rhétorique et la logique des dénonciations anti-maçonniques et anti-libérales à la fin du siècle, et donne accès à un corpus d’anecdotes, d’accusations et de sources partisanes qu’il conviendra de recouper avec d’autres travaux historiques pour en évaluer la fiabilité.
Enquête-pamphlet d'un ex-initié dénonçant l'influence maçonnique et les réseaux occultes dans la carrière de Francesco Crispi. Document d'époque à lire en contexte et avec esprit critique.