Texte rédigé à la fin du XIXᵉ siècle depuis une perspective religieuse et polémique. La fiche restitue la pensée de l'auteur pour des fins documentaires et historiques ; lire en gardant à l'esprit le parti pris doctrinal de l'époque.
Deuxième tome d’une vaste enquête : Dom Paul Benoît étudie ici l’origine profonde des sociétés secrètes, leur organisation et les procédés (mensonge, excitation des passions, violence) employés pour saper la famille, la propriété, la nationalité et l’autorité ecclésiale.
Poursuivant l'enquête commencée dans le premier volume, Dom Paul Benoît approfondit ici l'étude des sources et des méthodes des sociétés secrètes qu'il tient pour à l'œuvre dans la « cité antichrétienne ». Le livre s'ouvre par une recherche d'origines : quel creuset intellectuel, doctrinal et social a donné naissance à la maçonnerie sous la forme qu'elle prend au XIXᵉ siècle ? L'auteur distingue l'origine « formelle » (comment la franc-maçonnerie s'est constituée en institution) et l'origine « essentielle » (les racines spirituelles et philosophiques qui l'alimentent).
Vient ensuite la description du travail de construction du Temple maçonnique, divisée en travail interne et travail externe. Le travail interne concerne le recrutement, la formation et l'emploi des « ouvriers » : méthodes d'endoctrinement, élaboration progressive des grades, et discipline secrète qui forment des agents fidèles à la cause. Le lecteur constate, selon Benoît, la minutie et la continuité d'un système d'initiation destiné à produire des cadres obéissants et efficaces.
Le travail externe montre comment ces agents déployés exercent une action mesurée contre la propriété individuelle, contre la famille, la nationalité et la puissance civile, et jusqu'à l'Église elle-même. Benoît décrit ces attaques non comme des actions isolées mais comme des opérations coordonnées — campagnes d'opinion, pénétration des administrations, influence sur la presse et sur les écoles — qui concourent à défaire les structures naturelles et religieuses de la société.
Le tome détaille ensuite les procédés particuliers employés pour cette entreprise : après avoir posé une « loi universelle » présidant aux travaux maçonniques, l'auteur étudie successivement trois moyens majeurs — le mensonge, l'excitation et l'emploi des passions, puis la violence. Le mensonge est analysé tant dans ses formes verbales que matérielles et médiatiques : manipulations, calomnies, faux-propagandes. L'excitation des passions est montrée comme le levier psychologique qui permet d'entraîner les masses ; la violence, enfin, est dénombrée et qualifiée, tantôt comme opération clandestine, tantôt comme poussée révolutionnaire.
Dom Paul Benoît n'hésite pas à fournir des listes, exemples et « énumérations » de pratiques qu'il attribue à ces sociétés, et à remonter l'histoire de leur emploi stratégique pour dominer des États ou affaiblir des institutions. L'ensemble est présenté avec la minutie d'un érudit et la gravité d'un pasteur : l'objectif est à la fois documentaire et prophylactique — équiper le lecteur chrétien pour reconnaître et contrer ce qu'il juge être une entreprise de démolition de l'ordre social chrétien.
Le ton du livre est vigoureux, souvent polémique, mais solidement documenté par des citations, références et analyses historiques. Pour Benoît, la prospérité matérielle d'une société ne suffit pas à garantir sa pérennité : sans assise morale et religieuse, les institutions périclitent, et les procédés qu'il décrit accélèrent ce processus. Ce tome complète donc l'exposé doctrinal du premier volume en montrant non seulement ce que cherchent les sociétés secrètes, mais comment elles travaillent concrètement à atteindre leurs fins.
Lecture utile pour qui veut saisir la logique interne des polémiques anti-maçonniques du XIXᵉ siècle : le livre restitue la vision d'une époque où la remise en question des autorités traditionnelles se lit comme une menace existentielle pour la civilisation chrétienne.
Deuxième volume d'une enquête doctrinale sur la franc-maçonnerie : origines, travail interne et externe, procédés (mensonge, passions, violence) visant, selon l'auteur, à saper la civilisation chrétienne.