Ce second volume approfondit l'analyse spirituelle et sociale des États-Unis à la fin du XIXᵉ siècle. Claudio Jannet y aborde la question religieuse, la place du catholicisme, la décomposition morale, l’école laïque, les tensions raciales et sociales, les sociétés secrètes, ainsi que la politique étrangère. L’épilogue de 1877 conclut ce tableau critique en soulignant les défis majeurs qui menacent l’équilibre et la pérennité de la République américaine.
Dans ce second volume de Les États-Unis contemporains, Claudio Jannet élargit son examen critique au domaine religieux et moral, considérant ces fondements comme les garants essentiels d’une société stable et juste. Fidèle à sa perspective catholique et conservatrice, il confronte les États-Unis, nation jeune et puissante, aux lois immuables de l’ordre moral et social.
L’ouvrage s’ouvre par un panorama de la situation religieuse : diversité des confessions protestantes, affaiblissement des liens doctrinaux, et place du catholicisme, encore minoritaire mais porteur selon l’auteur d’un principe d’unité et de vérité. Jannet montre comment la liberté religieuse américaine, si souvent présentée comme un idéal, recèle aussi les germes d’une fragmentation et d’une indifférence spirituelle.
Il dresse ensuite un tableau sombre des « symptômes extrêmes » de la décomposition religieuse et sociale : matérialisme, individualisme, relâchement moral, et effritement des convictions. L’école laïque et l’éducation nationale sont analysées comme instruments d’une sécularisation progressive, où l’État tend à se substituer aux autorités spirituelles dans la formation des jeunes générations.
Les tensions raciales et régionales, loin de s’apaiser après la guerre de Sécession, alimentent un antagonisme persistant : Nord contre Sud, Blancs contre Noirs, anciens États esclavagistes contre territoires nouveaux. À ces fractures s’ajoute la question ouvrière, où l’antagonisme social croît sous l’effet de l’industrialisation rapide et de l’influence de doctrines égalitaires.
Un chapitre important est consacré aux sociétés secrètes et à leur action sur le terrain religieux et politique, que Jannet considère comme un ferment d’hostilité envers le catholicisme et plus largement envers toute autorité transcendante. Cette influence occulte, selon lui, accentue la désagrégation morale et affaiblit la cohésion nationale.
L’auteur étudie également la politique extérieure des États-Unis, marquée par l’ambition, l’expansion et la volonté d’affirmer un modèle politique universel, souvent sans égard aux réalités locales et aux équilibres internationaux.
Les chapitres sur la réforme et ses éléments proposent un regard critique sur les courants qui, tout en prétendant régénérer la société, s’appuient sur des bases purement humaines, dépourvues de fondement spirituel solide. Jannet conclut par un épilogue daté de 1877, année de crise politique et morale, où il met en garde contre l’illusion d’une prospérité matérielle suffisante pour garantir la pérennité de la République.
Comme dans le premier tome, ce livre allie documentation précise et jugement moral tranché. Il constitue à la fois un témoignage historique et un avertissement : une société qui néglige ses fondements religieux et moraux s’expose à voir ses institutions se vider de leur sens, quel que soit l’éclat de ses succès économiques ou militaires.
Analyse catholique et critique de la société américaine : religion, catholicisme, école laïque, tensions raciales et sociales, sociétés secrètes, politique étrangère. Épilogue de 1877 sur les défis majeurs pour la République.